À partir du 8 avril 2026, la Cinémathèque française consacre une exposition d’envergure à Marilyn Monroe, à l’occasion du centenaire de sa naissance. Intitulée Marilyn Monroe : 100 ans, cette rétrospective ambitionne de revisiter la trajectoire de l’une des figures les plus emblématiques du cinéma, en déplaçant le regard : il ne s’agit plus seulement de célébrer une icône, mais de redonner toute sa place à l’actrice.
Pendant des décennies, Marilyn Monroe a été enfermée dans une image réductrice, celle d’un symbole de beauté et de sensualité, souvent associé à des rôles jugés légers. Derrière cette représentation persistante, ses qualités d’interprétation ont longtemps été reléguées au second plan. L’exposition entend précisément corriger cette perception en mettant en lumière la rigueur, l’ambition et la complexité de son travail à l’écran.

À travers un ensemble riche d’archives, de costumes, de photographies et d’extraits de films, le parcours proposé explore les différentes facettes de sa carrière. Les films les plus marquants de l’actrice, tels que Les hommes préfèrent les blondes, Certains l’aiment chaud, Sept ans de réflexion ou encore Les désaxés, sont revisités non pas uniquement comme des succès populaires, mais comme des terrains d’expression artistique. L’objectif est de montrer comment Marilyn Monroe a construit ses personnages, affiné son jeu et cherché à s’émanciper des rôles stéréotypés auxquels elle était souvent associée.
La commissaire de l’exposition, Florence Tissot, insiste sur ce décalage entre la célébrité mondiale de la star et le manque de reconnaissance de son talent de comédienne. Selon elle, il est essentiel de replacer l’interprète au centre du récit, tout en tenant compte du phénomène médiatique qui a façonné son image. Car comprendre Marilyn Monroe, c’est aussi analyser la manière dont le star-system hollywoodien a contribué à construire — et parfois à enfermer — son identité publique.
Dans cette optique, l’exposition choisit de s’éloigner volontairement des aspects les plus souvent évoqués de sa vie privée. Les épisodes personnels, largement commentés dans de nombreuses biographies, ne sont abordés que de manière périphérique. Ce parti pris permet de recentrer l’attention sur son parcours professionnel et ses choix artistiques, en évitant de réduire sa carrière à ses fragilités ou à sa fin tragique.
Le parcours débute ainsi en 1945, au moment où Norma Jeane Baker entame sa carrière de mannequin, avant de devenir Marilyn Monroe. Il retrace ensuite les étapes de son ascension, les collaborations marquantes, ainsi que les stratégies mises en place pour s’imposer dans une industrie exigeante. L’exposition met également en lumière ses ambitions artistiques, souvent sous-estimées, et sa volonté de maîtriser son image.
Au-delà de son travail d’actrice, la rétrospective évoque également certaines prises de position qui témoignent d’une personnalité plus engagée qu’on ne l’a longtemps admis. Des documents et images rappellent ses liens avec des milieux intellectuels et artistiques, ainsi que des gestes symboliques en faveur de figures marginalisées. Ces éléments, présentés avec nuance, contribuent à enrichir la compréhension d’une femme souvent simplifiée par les récits dominants.
En proposant cette relecture, la Cinémathèque française ne cherche pas à déconstruire le mythe, mais à l’élargir. Marilyn Monroe : 100 ans invite à considérer l’actrice dans toute sa complexité, en réconciliant la star et l’interprète. Une démarche qui s’inscrit dans un mouvement plus large de réévaluation des figures féminines du cinéma, longtemps enfermées dans des représentations limitées.
Accessible jusqu’au 26 juillet 2026, l’exposition offre ainsi l’opportunité de redécouvrir Marilyn Monroe sous un jour différent, en mettant en avant ce qui a souvent été éclipsé : son talent, sa détermination et sa contribution durable à l’histoire du cinéma.





