Il y a des rôles qui marquent une carrière, non seulement pour leur portée artistique, mais aussi pour les défis personnels qu’ils imposent. Pour Pierre Niney, l’un des moments les plus marquants remonte à 2016, lors du tournage de L’Odyssée, film de Jérôme Salle consacré à la vie du commandant Jacques-Yves Cousteau. À cette occasion, l’acteur a dû affronter l’une de ses plus grandes phobies : les requins.
Connu pour son engagement dans ses rôles, Pierre Niney n’avait pourtant rien d’un amateur de plongée extrême. Bien au contraire. Comme il l’avait confié des années plus tard, notamment lors d’échanges autour de Vice Versa 2, sa peur des requins est profondément ancrée. Mais sur le tournage de L’Odyssée, cette crainte est devenue une épreuve bien réelle.

Dans le film, il incarne Philippe Cousteau, le fils du célèbre explorateur, aux côtés de Lambert Wilson. Certaines scènes nécessitaient des prises de vue en pleine mer, au contact direct de la faune marine. C’est dans ce contexte que l অভিনেতeur s’est retrouvé plongé dans une situation qu’il n’avait, de toute évidence, pas anticipée.
Son témoignage illustre la brutalité de l’expérience. Arrivé sur le lieu de tournage, il découvre une équipe déjà en train de filmer au large, entourée de requins-tigres. Sans préparation approfondie, il est rapidement envoyé suivre une formation improvisée avec une jeune stagiaire. En quelques instants, il se retrouve en pleine mer, sans visibilité sur la côte, face à un environnement aussi fascinant que menaçant.
Ce qui frappe dans son récit, c’est l’absence totale de repères. « Je n’avais aucune autre indication », explique-t-il, soulignant le caractère presque irréel de la situation. L’acteur évoque également un détail troublant : peu avant de plonger, il avait rencontré une membre de l’équipe blessée à la tête après un incident avec un requin. Un élément qui, loin de le rassurer, accentue encore la tension.
Malgré cela, Pierre Niney choisit de se lancer. Ce moment illustre une réalité souvent méconnue du métier d’acteur : la capacité à dépasser ses propres limites pour servir un projet. Dans un cadre sécurisé mais exigeant, il accepte de faire face à sa peur, porté par la dynamique du tournage et la confiance accordée à l’équipe.
Avec le recul, cette expérience prend une dimension presque symbolique. Elle témoigne d’un engagement total, mais aussi d’une certaine forme d’abandon nécessaire dans le processus créatif. Comme il le souligne lui-même avec humour, lorsqu’une équipe de tournage est en place, on est parfois prêt à faire bien plus que ce que l’on imaginait possible.
La scène, visible dans L’Odyssée, reste aujourd’hui l’un des moments les plus impressionnants du film. Mais derrière les images, c’est surtout l’histoire d’un acteur confronté à lui-même, entre peur instinctive et exigence artistique.
Dix ans plus tard, cet épisode continue d’alimenter les anecdotes autour de Pierre Niney, rappelant que certains défis, même invisibles à l’écran, participent pleinement à la construction d’une performance.





