Le cinéma français s’apprête à aborder l’un des drames les plus marquants de ces dernières années avec L’Abandon, réalisé par Vincent Garenq. Ce long métrage, consacré aux onze derniers jours de la vie de Samuel Paty, sortira le 13 mai 2026 au cinéma, avec une présentation hors compétition au Festival de Cannes.
Dès son annonce, L’Abandon s’impose comme une œuvre sensible et délicate. Le projet a été tourné dans une grande discrétion à l’été 2025, un choix assumé par le distributeur UGC afin de respecter le temps judiciaire et le procès en appel lié à l’affaire. Ce n’est qu’une fois le verdict rendu que la communication autour du film a été lancée, avec l’ambition de prolonger le devoir de mémoire.

Raconter les derniers jours d’un drame national
Le film L’Abandon revient sur les événements ayant conduit à l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, le 16 octobre 2020. Plutôt que de se limiter au fait divers, le scénario choisit de remonter le fil des onze jours précédents, éclairant l’engrenage progressif qui a mené à la tragédie.
Coécrit par Vincent Garenq et Alexis Kebbas, avec la collaboration de Mickaëlle Paty, le récit s’appuie notamment sur l’ouvrage Les Derniers jours de Samuel Paty de Stéphane Simon. Cette approche documentée vise à restituer la complexité des faits, entre rumeurs, pressions et dérives.
Un casting engagé pour un sujet brûlant
Pour porter cette histoire, Vincent Garenq s’entoure d’un casting solide, mené par Antoine Reinartz, aux côtés de Emmanuelle Bercot, Nedjim Bouizzoul et Emma Boumali.
Le choix de ces interprètes traduit une volonté d’incarner avec justesse des figures réelles ou inspirées du réel, sans tomber dans la caricature. Comme dans ses précédents films, le réalisateur privilégie une mise en scène sobre, au service du récit.
Dans la continuité d’un cinéma engagé
Avec L’Abandon, Vincent Garenq poursuit une filmographie marquée par des sujets sensibles inspirés de faits réels. Il s’était déjà illustré avec Présumé coupable, consacré à l’affaire d’Outreau, ou encore L’Enquête, autour de l’affaire Clearstream.
Ce nouveau projet s’inscrit donc dans une démarche cohérente : utiliser le cinéma pour interroger la société, ses failles et ses responsabilités collectives.
Une mémoire déjà présente dans d’autres œuvres
L’histoire de Samuel Paty a déjà donné lieu à plusieurs œuvres documentaires, dont Le collège de monsieur Paty, diffusé sur France 2, ainsi qu’à des créations théâtrales comme Le Professeur, texte d’Emilie Frèche porté sur scène par Carole Bouquet.
Mais L’Abandon se distingue par son ambition de fiction cinématographique, capable de toucher un public plus large et de prolonger la réflexion dans le temps.
Un film attendu, entre émotion et responsabilité
En choisissant une sortie en salles et une présentation au Festival de Cannes, L’Abandon affirme clairement son statut d’œuvre majeure. Plus qu’un simple film, il s’annonce comme un travail de mémoire, destiné à rappeler une histoire que beaucoup connaissent de nom, mais dont les mécanismes restent souvent mal compris.
Distribué par UGC et attendu au cinéma dès le 13 mai 2026, L’Abandon s’inscrit dans une volonté forte : ne pas laisser l’histoire de Samuel Paty sombrer dans l’oubli, et inviter le public à réfléchir, au-delà de l’émotion.





