Aujourd’hui mondialement connu pour son rôle glaçant de Homelander dans la série The Boys, disponible sur Prime Video, Antony Starr aurait pourtant pu connaître une trajectoire bien différente. Il y a un peu plus de vingt ans, l’acteur néo-zélandais s’est en effet présenté au casting de Casino Royale, le film qui allait relancer la saga James Bond avec Daniel Craig. Une opportunité majeure… qui s’est soldée par un échec que l’acteur évoque aujourd’hui avec une franchise désarmante.
En 2005, la production de Casino Royale cherche à redéfinir l’image de l’agent 007. Après l’ère Pierce Brosnan, les producteurs souhaitent un Bond plus brut, plus physique, capable de renouveler la franchise. Le processus de casting est alors particulièrement large, presque mondial, avec de nombreux acteurs auditionnés. Antony Starr, encore peu connu à l’époque, fait partie de ces candidats. Mais dès le départ, il perçoit le déséquilibre des forces en présence.

Des années plus tard, lors d’une interview, il compare cette expérience à une tentative vouée à l’échec, comme « lancer une ligne sans appât dans un immense étang ». Très vite, il comprend que Daniel Craig s’impose comme le favori. Ce sentiment d’être un outsider, presque un figurant dans un processus déjà orienté, influence fortement son état d’esprit lors de l’audition.
Le souvenir qu’il garde de ce moment est d’ailleurs loin d’être glorieux. Antony Starr décrit une prestation qu’il juge lui-même peu convaincante, marquée par un manque de confiance et une certaine distance vis-à-vis de l’enjeu. Il évoque un processus impersonnel, où les candidats s’enchaînent sans véritable ancrage, renforçant l’impression d’être un simple nom parmi d’autres.
Avec le recul, l’acteur aborde cet échec avec humour et lucidité. Loin de nourrir des regrets, il reconnaît volontiers qu’il s’agissait d’un passage presque anecdotique dans son parcours. Il va même jusqu’à qualifier sa performance comme l’une des pires incarnations possibles de James Bond, preuve d’une autodérision rare dans un milieu souvent marqué par la compétition et l’ego.
Ce détachement s’explique aussi par l’évolution de sa carrière. Après cette audition manquée, Antony Starr s’est progressivement construit une identité forte à l’écran, notamment grâce à la série Banshee, où il affine son jeu physique et sa présence dans des scènes d’action exigeantes. Cette expérience, loin de le rapprocher du rôle de Bond, lui fait au contraire prendre conscience de la difficulté et de l’intensité que ce type de rôle implique.
Aujourd’hui, l’acteur affirme ne plus être réellement intéressé par le costume de 007. Selon lui, les exigences physiques du rôle correspondent davantage à un acteur plus jeune. Cette déclaration, pragmatique, contraste avec l’image souvent idéalisée du personnage, et souligne une approche plus réaliste du métier d’acteur, où les choix de carrière s’inscrivent aussi dans une logique de longévité.
Pendant ce temps, la saga James Bond elle-même traverse une période de transition. Après Mourir peut attendre, dernier film porté par Daniel Craig et disponible en VOD sur plusieurs plateformes, la franchise est en pleine redéfinition. Le passage du contrôle créatif à Amazon MGM Studios marque un tournant, avec de nouveaux producteurs chargés de relancer la machine. Pourtant, le nom du prochain interprète de l’agent 007 reste encore inconnu, alimentant les spéculations.
Ce contexte donne un éclairage particulier à l’histoire de Antony Starr. Son audition ratée pour Casino Royale apparaît aujourd’hui comme un moment parmi d’autres dans un parcours qui a finalement trouvé sa propre voie. Car si l’acteur n’est jamais devenu James Bond, il a su imposer un personnage tout aussi marquant avec Homelander dans The Boys, dont la saison 5 finale est diffusée depuis avril 2026 sur Prime Video.
Au final, cette anecdote rappelle une réalité essentielle du cinéma : les rôles emblématiques échappent souvent à ceux qui les convoitent, mais ouvrent parfois la voie à des trajectoires inattendues. Pour Antony Starr, ne pas être devenu James Bond n’a pas été un échec déterminant, mais simplement une étape dans une carrière qui, aujourd’hui, n’a plus rien d’un second rôle.





