Ce qui nous fait tomber, bien souvent, n’est pas la vie elle-même, mais l’agitation constante de nos pensées. Pas les événements spectaculaires, mais ce flux intérieur ininterrompu qui épuise doucement notre énergie.
Nous nous inquiétons de ce qui n’existe pas encore, nous redoutons ce que nous ne pouvons maîtriser, persuadés que réfléchir davantage nous protégera. Pourtant, cette hypervigilance intérieure nous enferme dans une tension permanente.

L’angoisse ne naît presque jamais de l’instant présent. Elle surgit lorsque l’esprit quitte le réel pour errer entre regrets passés et anticipations futures. Nous revivons nos erreurs, nous craignons des pertes imaginées, et nous confondons anticipation et contrôle.
Il arrive que le corps soit au repos, mais que l’âme soit épuisée. Car l’esprit n’a jamais cessé de porter ce qui ne lui appartenait pas. Trop de questions sans réponse, trop de responsabilités invisibles.
Lâcher prise ne signifie pas renoncer. C’est un acte de lucidité. C’est reconnaître ce qui est hors de notre portée, et accepter que vouloir tout maîtriser conduit à l’épuisement.
Quand nous déposons ce poids inutile, l’esprit retrouve son souffle. Les pensées apparaissent toujours, mais elles n’imposent plus leur tyrannie. La paix s’installe doucement, sans effort.
La sérénité ne vient pas d’un monde parfait, mais d’un regard juste. Savoir ce qui mérite notre énergie, et ce qui peut être laissé de côté.
Quand l’esprit apprend à s’arrêter, la vie ne devient pas plus simple — elle devient plus habitable.





