Il y a des moments où l’on s’arrête sans trouver le calme. Le corps se repose, mais l’esprit murmure : « Tu devrais faire quelque chose. » Même en l’absence de pression extérieure, le simple fait de se reposer peut faire naître un sentiment de culpabilité.
Le repos devrait être un droit fondamental. Pourtant, dans notre société moderne, il semble devoir être justifié. À quel point faut-il être fatigué pour mériter de s’arrêter ? Combien faut-il produire pour avoir le droit de ralentir ? Ces questions ne sont pas toujours posées à voix haute, mais beaucoup les portent en eux.

Nous vivons dans une culture qui valorise la productivité. Être occupé est souvent perçu comme un signe de valeur. Dans ce contexte, le repos est facilement associé à la paresse ou à l’échec.
Ainsi, même épuisés, nous peinons à nous arrêter réellement. Nous nous reposons avec inquiétude, avec la sensation de devoir être ailleurs. Le repos perd sa fonction réparatrice et devient une pause inconfortable.
Cette culpabilité ne vient pas d’un manque de volonté, mais de la peur. Peur de prendre du retard, de perdre du temps, de disparaître dans un monde qui avance vite. Le repos semble aller à contre-courant.
Les réseaux sociaux accentuent ce sentiment. Pendant que nous faisons une pause, d’autres paraissent avancer. Les comparaisons silencieuses fragilisent notre tranquillité.
Pourtant, ni le corps ni l’esprit ne fonctionnent selon les règles de la performance. La fatigue est un signal, non une faiblesse. Mais nous avons appris à l’ignorer.
Beaucoup ne s’autorisent le repos qu’une fois tout terminé. Or, tout n’est jamais vraiment fini. Les objectifs se succèdent, et le repos est sans cesse repoussé.
Peut-être est-il temps de redéfinir le repos. Il ne s’agit pas de renoncer, mais de se préserver. Le repos n’a pas besoin d’être mérité : il fait partie de la condition humaine.
Si aujourd’hui vous vous reposez avec un sentiment de culpabilité, rappelez-vous que le repos ne diminue pas votre valeur. Il vous permet simplement de continuer.





