Le conflit autour de la succession de Alain Delon continue d’alimenter l’actualité judiciaire. Une audience liée à l’héritage de l’acteur, décédé le 19 août 2024, devait se tenir le lundi 9 mars. Mais selon les informations rapportées par RTL, Alain‑Fabien Delon a décidé de suspendre la procédure engagée en France visant à annuler l’exécution du testament rédigé par son père en 2022.
Dans ce document, Alain Delon aurait légué l’intégralité de son droit moral à sa fille Anouchka Delon. Le benjamin de la fratrie préfère désormais concentrer ses efforts sur une procédure actuellement en cours en Suisse, qui vise également à suspendre l’application de ce dernier testament. Selon l’évolution du dossier dans ce pays, Alain‑Fabien Delon se réserve toutefois la possibilité de relancer la procédure en France, cette suspension n’étant pas un abandon définitif de l’action judiciaire.

Un second testament contesté
Dans le détail, Alain‑Fabien Delon ne remet pas en cause le premier testament établi par Alain Delon en 2015. Ce document prévoit la répartition suivante : 50 % de la fortune de l’acteur pour Anouchka Delon, et 25 % chacun pour ses deux fils, Anthony Delon et Alain‑Fabien Delon. « Ce sont les volontés de mon père, donc je n’ai rien à dire », avait-il expliqué au micro de RTL en décembre dernier.
En revanche, le fils cadet conteste le second testament signé en 2022. Celui-ci attribuerait à Anouchka Delon l’intégralité du droit moral de l’acteur. Trois mois plus tard, elle aurait également reçu une donation portant sur 51 % des parts d’une société liée au patrimoine de son père. Pour Alain‑Fabien Delon, cette situation soulève des interrogations. Il évoque notamment la possibilité d’un « détournement » ou d’un « vol », tout en laissant entendre qu’un abus de faiblesse pourrait avoir eu lieu.
L’état de santé de l’acteur au cœur du litige
Selon Alain‑Fabien Delon, l’état de santé de Alain Delon aurait pu affecter sa capacité à prendre certaines décisions. L’acteur avait en effet été victime d’un accident vasculaire cérébral en 2019 et ne s’en était jamais totalement remis. Son fils affirme que son père présentait alors des signes de vulnérabilité et aurait échoué à plusieurs tests cognitifs entre 2019 et 2023, malgré certains moments de lucidité.
Ces arguments s’appuient notamment sur la décision prise le 4 avril 2024 par la juge des tutelles du tribunal de Montargis de placer Alain Delon sous curatelle renforcée. Le benjamin de la famille affirme également que l’acteur était hospitalisé en Suisse au moment de la signature du testament contesté et qu’il n’aurait pas été en état de signer un document juridique.
D’après Paris Match, les trois enfants de l’acteur — Anthony Delon, Anouchka Delon et Alain‑Fabien Delon — ne devaient pas être présents à l’audience du 9 mars. Il s’agissait en effet d’une audience dite « de relais », destinée à reporter l’affaire à une date ultérieure afin de permettre aux différentes parties de préparer leurs arguments.
Une succession au cœur des tensions familiales
La disparition de Alain Delon, figure majeure du cinéma français connue pour ses rôles dans Le Guépard, Le Samouraï ou encore Le Clan des Siciliens, continue donc de provoquer de vives tensions au sein de la famille.
L’acteur, qui avait également souffert d’un lymphome dans les dernières années de sa vie, était apparu publiquement pour la dernière fois en 2021 lors des obsèques de Jean‑Paul Belmondo, accompagné de son fils aîné Anthony Delon.
Par ailleurs, les différends entre les enfants de Alain Delon devraient se poursuivre devant la justice. Le 17 mars prochain, Anouchka Delon doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris face à ses deux frères. Elle les poursuit pour la diffusion de conversations enregistrées à son insu entre elle et leur père, un nouvel épisode dans un conflit familial qui semble loin d’être terminé.






