Deux figures majeures du cinéma français, Moussa Maaskri et Sami Bouajila, rejoignent l’univers sombre de Un Prophète dans une série événement diffusée sur Canal+ à partir du 2 mars. Ce nouveau projet s’inscrit dans le prolongement du film de Jacques Audiard, tout en déplaçant l’intrigue dans le Marseille contemporain, marqué par ses fractures sociales et ses luttes d’influence.

Pensée comme un spin-off, la série Un Prophète se déploie en huit épisodes de 52 minutes. Elle suit le parcours de Malik, un jeune Mahorais dont le destin bascule après l’effondrement d’un immeuble et une arrestation pour détention de drogue. Incarcéré aux Baumettes, il se retrouve plongé dans un univers carcéral dominé par des rivalités de clans où chaque choix peut engager sa survie. Rapidement, un puissant promoteur immobilier nommé Massoud lui propose sa protection, exigeant en retour une loyauté sans faille. De simple pion dans un jeu d’influences qui le dépasse, Malik comprend qu’il devra s’imposer pour exister. Dans cet environnement hostile, il trouve un premier point d’ancrage auprès de Rony Lahoud, dit « Le Libanais », responsable de la bibliothèque de la prison.
La série révèle Mamadou Sidibé, impressionnant pour son premier rôle, dans la peau d’un Malik intense et habité. À ses côtés, Sami Bouajila confirme l’ampleur de son registre, lui que le public a déjà salué dans des œuvres marquantes comme Indigènes, Omar m’a tuer ou Les Miens. Face à lui, Moussa Maaskri impose une présence solide, oscillant entre puissance brute et nuances plus intériorisées. L’acteur s’est illustré ces dernières années dans des films tels que Carbone, aux côtés de Benoît Magimel, ou L’Immortel avec Jean Reno, affirmant sa capacité à incarner des figures d’autorité complexes.
Au scénario, Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit, déjà à l’écriture du film original, s’associent au réalisateur italien Enrico Maria Artale. Leur ambition est claire : revisiter l’univers de Un Prophète sans en trahir l’esprit, tout en l’ancrant dans les tensions contemporaines. En réunissant Moussa Maaskri et Sami Bouajila autour de cette relecture ambitieuse, la série entend prolonger le mythe tout en offrant un regard renouvelé sur les mécanismes du pouvoir et de la survie.




